Plus-que-parfait avec avoir et être : règles simples, accords et usages

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Le plus-que-parfait permet de situer une action passée avant une autre action déjà passée. Il se forme avec l’auxiliaire avoir ou être conjugué à l’imparfait, suivi du participe passé du verbe. Le choix entre ces deux auxiliaires suit les mêmes règles qu’au passé composé : être s’utilise principalement avec les verbes de mouvement, de changement d’état et les pronominaux, tandis qu’avoir accompagne la plupart des autres verbes. Cette distinction influence également les accords du participe passé, qui varient selon l’auxiliaire employé et la place du complément d’objet direct.

Comprendre le plus-que-parfait avant de choisir avoir ou être

Le plus-que-parfait exprime une antériorité dans le passé. Il vous permet de raconter qu’une action s’est déroulée avant une autre action déjà passée. Cette notion d’antériorité constitue l’essence même de ce temps verbal.

Comment se forme le plus-que-parfait avec les auxiliaires avoir et être

La construction du plus-que-parfait repose sur une formule simple : auxiliaire à l’imparfait + participe passé. Avec avoir, vous obtiendrez « j’avais chanté », « tu avais fini », « nous avions pris ». Avec être, vous formerez « elle était venue », « ils étaient tombés », « vous étiez partis ». L’auxiliaire porte la conjugaison à l’imparfait, tandis que le participe passé reste la même forme qu’au passé composé.

Pronom Avoir (parler) Être (partir)
Je j’avais parlé j’étais parti(e)
Tu tu avais parlé tu étais parti(e)
Il/Elle il/elle avait parlé il/elle était parti(e)
Nous nous avions parlé nous étions parti(e)s
Vous vous aviez parlé vous étiez parti(e)(s)
Ils/Elles ils/elles avaient parlé ils/elles étaient parti(e)s

Valeur temporelle et emplois typiques du plus-que-parfait dans un récit

Dans un récit, le plus-que-parfait sert à exprimer l’arrière-plan ou la cause d’une situation passée. Par exemple : « Il était fatigué parce qu’il avait couru toute la matinée ». L’action de courir est antérieure à l’état de fatigue. Vous le rencontrerez fréquemment dans les romans, les biographies ou les rapports pour expliquer pourquoi quelque chose s’est passé. Il peut aussi marquer un regret ou une condition non réalisée : « Si tu étais venu plus tôt, nous aurions pu discuter ».

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Choisir entre avoir et être au plus-que-parfait sans se tromper

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Le choix de l’auxiliaire au plus-que-parfait suit exactement les mêmes règles qu’au passé composé. Cette constance vous facilite la tâche une fois les principes assimilés.

Quels verbes prennent l’auxiliaire être au plus-que-parfait et pourquoi

L’auxiliaire être s’emploie avec trois catégories principales de verbes. D’abord, les verbes de mouvement : aller, venir, arriver, partir, entrer, sortir, monter, descendre, tomber, retourner, rester. Ensuite, les verbes d’état : naître, mourir, devenir. Enfin, tous les verbes pronominaux : se laver, s’habiller, se souvenir, se promener. Ces verbes mettent l’accent sur le déplacement ou l’état du sujet plutôt que sur une action exercée sur un objet.

Exemples concrets : « Elle était arrivée avant midi », « Nous étions devenus amis », « Ils s’étaient rencontrés en 2020 ».

Dans quels cas l’auxiliaire avoir s’impose pour le plus-que-parfait

La majorité des verbes français se conjuguent avec avoir. Cela concerne tous les verbes transitifs directs qui acceptent un complément d’objet : manger, boire, prendre, faire, lire, écrire, voir, dire. Cela inclut aussi de nombreux verbes intransitifs : dormir, courir, marcher, voyager, parler, rire, pleurer.

Exemples : « J’avais lu ce livre l’année précédente », « Vous aviez dormi chez des amis », « Nous avions beaucoup ri ce jour-là ».

Pourquoi certains verbes acceptent avoir ou être avec un sens différent

Certains verbes changent d’auxiliaire selon qu’ils sont employés avec ou sans complément d’objet direct. Avec être, ils restent intransitifs et expriment un déplacement. Avec avoir, ils deviennent transitifs et indiquent une action sur un objet.

Verbe Avec être (intransitif) Avec avoir (transitif)
Monter Elle était montée au grenier Elle avait monté les cartons
Descendre Ils étaient descendus vite Ils avaient descendu la table
Sortir Tu étais sorti tôt Tu avais sorti les poubelles
Passer Nous étions passés par Lyon Nous avions passé l’aspirateur

Gérer les accords du participe passé avec avoir et être au plus-que-parfait

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L’accord du participe passé varie selon l’auxiliaire employé. Maîtriser ces règles vous évite les fautes les plus courantes à l’écrit.

Comment accorder le participe passé avec avoir au plus-que-parfait

Avec l’auxiliaire avoir, le participe passé reste invariable quand le complément d’objet direct (COD) est placé après le verbe ou quand il n’y a pas de COD : « Elle avait mangé des cerises », « Ils avaient dormi ».

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Le participe passé s’accorde en genre et en nombre avec le COD uniquement quand celui-ci est placé avant le verbe. Cela arrive souvent avec un pronom complément ou un pronom relatif : « Les lettres qu’il avait écrites », « Je les avais vus la veille », « Quelle route aviez-vous prise ? ».

Pour vérifier, posez la question « quoi ? » ou « qui ? » après le verbe. Si la réponse se trouve avant le verbe, accordez.

Accord du participe passé avec être et cas des verbes pronominaux

Avec l’auxiliaire être, le participe passé s’accorde toujours avec le sujet : « Elles étaient venues ensemble », « Il était tombé dans les escaliers », « Nous étions restés silencieux ».

Pour les verbes pronominaux, la règle générale veut que le participe s’accorde avec le sujet : « Elle s’était levée tôt », « Ils s’étaient promenés au parc ». Attention cependant : si le pronom réfléchi est complément d’objet indirect (COI), il n’y a pas d’accord : « Ils s’étaient parlé » (parler à quelqu’un), « Elles s’étaient souri » (sourire à quelqu’un).

Pourquoi dit-on « ils avaient couru » mais « ils étaient sortis » ?

Cette différence illustre la distinction entre verbes d’action simple et verbes de mouvement. « Courir » exprime une action sans changement de lieu obligatoire, d’où l’auxiliaire avoir : « Ils avaient couru pendant une heure ». En revanche, « sortir » employé sans COD marque un déplacement, un changement de lieu, d’où l’auxiliaire être : « Ils étaient sortis du bureau à 18 heures ».

Si vous ajoutez un COD à « sortir », l’auxiliaire change : « Ils avaient sorti les chaises du garage ». Le verbe devient transitif et prend avoir.

Plus-que-parfait avoir et être en contexte : phrases, erreurs et astuces

Mettre les règles en pratique avec des exemples concrets vous aide à ancrer vos connaissances et à éviter les pièges les plus fréquents.

Exemples contrastés de plus-que-parfait avec avoir et être en situation

Dans un récit : « Quand nous sommes arrivés au théâtre, la pièce avait déjà commencé ». Ici, « arriver » prend être (mouvement), tandis que « commencer » prend avoir (action).

Dans une explication : « Elle était partie sans prévenir parce qu’elle avait reçu un appel urgent ». Le départ (être) est justifié par la réception de l’appel (avoir).

Dans une description : « Les invités s’étaient installés sur la terrasse où on avait préparé un buffet ». Le verbe pronominal « s’installer » prend être, le verbe transitif « préparer » prend avoir.

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Quelles erreurs commet-on le plus avec avoir et être au plus-que-parfait ?

L’erreur la plus fréquente consiste à utiliser être avec un verbe transitif : « Elle était monté les valises » au lieu de « Elle avait monté les valises ». Dès qu’un COD apparaît, l’auxiliaire devient avoir.

Autre faute courante : l’oubli de l’accord du participe passé avec le COD placé avant : « Les livres qu’il avait acheté » au lieu de « Les livres qu’il avait achetés ».

Enfin, beaucoup confondent l’imparfait et le plus-que-parfait : « Quand je suis arrivé, il mangeait déjà » au lieu de « Quand je suis arrivé, il avait déjà mangé » si l’action de manger était terminée avant l’arrivée.

Comment mémoriser durablement l’usage d’avoir et être à ce temps

Pour retenir les verbes avec être, apprenez la liste classique des 14 verbes de mouvement et d’état : aller, venir, arriver, partir, entrer, sortir, monter, descendre, tomber, rester, retourner, naître, mourir, devenir. Ajoutez-y tous les pronominaux.

Entraînez-vous régulièrement en transformant des phrases du passé composé au plus-que-parfait : « J’ai fini » devient « J’avais fini ». Cette gymnastique mentale renforce les automatismes.

Relisez vos textes en repérant d’abord tous les verbes au plus-que-parfait, puis vérifiez systématiquement l’auxiliaire et l’accord du participe passé. Avec quelques semaines de pratique consciente, ces mécanismes deviendront naturels et vous gagnerez en fluidité rédactionnelle.

Le plus-que-parfait avec avoir et être structure vos récits et enrichit vos écrits en marquant clairement l’antériorité des actions. En appliquant méthodiquement les règles de choix d’auxiliaire et d’accord, vous maîtriserez ce temps sans difficulté majeure, que ce soit pour un examen, un rapport professionnel ou une création littéraire.

Élise Montclar

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