La grille indiciaire sous-officier gendarmerie structure la rémunération de base des militaires, du gendarme au major. Chaque grade se décompose en échelons, chacun associé à un indice majoré qui, multiplié par la valeur du point d’indice (actuellement 4,92 € en 2026), détermine le traitement brut mensuel. Au-delà de cette base indiciaire, s’ajoutent primes et indemnités spécifiques liées aux missions opérationnelles et aux contraintes du métier. Comprendre cette grille permet d’anticiper l’évolution de sa carrière, de comparer différentes perspectives professionnelles et d’appréhender concrètement la progression salariale sur le long terme.
Comprendre rapidement la grille indiciaire d’un sous-officier de gendarmerie

La grille indiciaire constitue le socle de la rémunération des sous-officiers de gendarmerie. Elle organise les niveaux de traitement selon deux axes : le grade (gendarme, brigadier, maréchal des logis, adjudant, adjudant-chef, major) et l’échelon au sein de chaque grade. Cette architecture permet une lisibilité claire de la progression salariale tout au long de la carrière.
Comment fonctionne le calcul du traitement avec la grille indiciaire
Le calcul du traitement brut mensuel repose sur une formule simple : indice majoré × valeur du point d’indice. Prenons un exemple concret : un maréchal des logis au 5ème échelon possède un indice majoré de 461. En multipliant cet indice par 4,92 €, on obtient un traitement brut mensuel de 2 268 €.
Cette base indiciaire sert ensuite de référence pour calculer certaines primes proportionnelles. Les retenues pour cotisations sociales (pension, sécurité sociale) s’appliquent également sur ce montant brut. Le traitement indiciaire représente en moyenne 60 à 70 % de la rémunération totale d’un sous-officier, le reste provenant des différentes indemnités.
Différences entre sous-officiers de gendarmerie et fonctionnaires classiques
Bien que militaires, les sous-officiers de gendarmerie bénéficient d’une grille indiciaire structurée de manière similaire à celle des fonctionnaires de l’État. La principale distinction réside dans les primes spécifiques : indemnité pour sujétions particulières, indemnité de disponibilité permanente, ou encore indemnités liées au logement en gendarmerie.
Contrairement aux fonctionnaires civils des catégories B et C, les gendarmes sont soumis à des obligations de disponibilité et de mobilité géographique qui justifient ces compléments de rémunération. La grille elle-même suit cependant les mêmes règles d’évolution que dans la fonction publique d’État, avec des échelons, des durées minimales et des indices définis par statut.
Indice brut, indice majoré, point d’indice : démêler ces notions clés
L’indice brut permet de classer hiérarchiquement les différents grades et échelons, mais il n’intervient pas dans le calcul du salaire. Seul l’indice majoré compte pour déterminer le traitement. Cette distinction historique permet de maintenir une cohérence entre les différents corps de la fonction publique.
Le point d’indice constitue la variable d’ajustement commune à tous les agents publics. Sa valeur, fixée par décret gouvernemental, évolue selon les décisions de revalorisation générale. En 2026, après les revalorisations successives de 2022 et 2023, il s’établit à 4,92 €. Une hausse de 1 % du point d’indice se répercute mécaniquement sur tous les traitements, quel que soit le grade ou l’échelon.
Les grades de sous-officier et leur impact sur la grille salariale

La progression dans la hiérarchie des sous-officiers se traduit par des sauts indiciaires significatifs. Chaque grade ouvre l’accès à une nouvelle plage d’indices, offrant des perspectives de rémunération croissantes au fil de la carrière.
Comment la grille indiciaire évolue entre gendarme, maréchal des logis et adjudant
Le grade de gendarme, point d’entrée dans le corps des sous-officiers, démarre à l’indice majoré 372 (soit environ 1 830 € brut mensuel) et peut atteindre 530 au dernier échelon après environ 15 ans d’ancienneté. Le passage au grade de maréchal des logis se fait généralement entre 4 et 8 ans, avec un indice de départ à 390.
Le grade d’adjudant représente une étape importante : accessible après concours ou tableau d’avancement, il débute à l’indice 448 et culmine à 658. Ce saut indiciaire peut représenter un gain mensuel brut de 300 à 400 € par rapport au grade précédent, à ancienneté comparable.
| Grade | Indice d’entrée | Indice terminal | Durée moyenne totale |
|---|---|---|---|
| Gendarme | 372 | 530 | 15 ans |
| Maréchal des logis | 390 | 576 | 12 ans |
| Adjudant | 448 | 658 | 10-15 ans |
| Adjudant-chef | 526 | 705 | 8-12 ans |
| Major | 606 | 821 | Variable |
Passage au grade de major : quel gain réel sur la rémunération indiciaire ?
Le grade de major couronne la carrière des sous-officiers avec des indices allant de 606 à 821. Un major au dernier échelon perçoit un traitement indiciaire brut de 4 039 € mensuel, soit près du double d’un gendarme débutant. Cet écart peut atteindre 2 200 € brut par mois entre les deux extrémités de la grille.
Cependant, l’accès à ce grade reste sélectif et tardif dans la carrière. Seuls les adjudants-chefs justifiant d’une certaine ancienneté et ayant démontré des qualités professionnelles remarquables peuvent y prétendre. Le nombre de places disponibles chaque année limite également les possibilités de promotion.
Combien de temps faut-il pour progresser d’un échelon à l’autre ?
La durée dans chaque échelon varie selon le grade et le niveau atteint. Pour les gendarmes, les premiers échelons se franchissent rapidement : 1 an pour le passage au 2ème échelon, 2 ans pour le 3ème. À partir du milieu de grille, les durées s’allongent jusqu’à 3 ou 4 ans par échelon.
Cette progressivité permet une évolution visible en début de carrière, puis un rythme plus modéré en milieu et fin de parcours. Un gendarme peut ainsi espérer atteindre le 7ème ou 8ème échelon après 10 ans de service, tandis qu’un major mettra 8 à 10 ans supplémentaires pour atteindre le sommet de sa grille. Certaines dispositions permettent aussi des avancements accélérés au mérite, réduisant ces durées minimales.
Salaire, primes et perspectives : ce que révèle vraiment la grille indiciaire
Se limiter à la grille indiciaire pour évaluer la rémunération d’un sous-officier de gendarmerie serait réducteur. Les compléments indemnitaires et les évolutions récentes modifient substantiellement le revenu réel perçu en fin de mois.
Salaire brut, salaire net et primes : comment lire la rémunération globale
Le traitement indiciaire brut subit plusieurs retenues avant de devenir le salaire net versé. Les cotisations pour pension représentent environ 11 % du brut, auxquelles s’ajoutent les contributions sociales (CSG, CRDS) pour environ 9 %. Un indice majoré de 500 correspond donc à un brut de 2 460 €, mais un net d’environ 1 970 €.
À ce socle s’ajoutent les primes et indemnités qui peuvent représenter 800 à 1 500 € supplémentaires par mois selon la situation : indemnité de résidence, supplément familial de traitement pour les parents, indemnité de sujétions spéciales de police (environ 270 €), indemnité pour charges militaires et de police, et éventuellement indemnités de fonction pour certains postes (chef de brigade, responsable d’unité).
Les spécificités indemnitaires propres aux sous-officiers de gendarmerie
L’indemnité de sujétions et d’expertise (ISE) constitue le principal complément spécifique aux gendarmes. Son montant varie selon le grade et la fonction exercée, de 300 € pour un gendarme débutant à plus de 700 € pour un major expérimenté. Elle remplace depuis 2023 plusieurs anciennes primes, simplifiant le bulletin de paie.
Le logement gratuit en gendarmerie ou l’indemnité de logement (IFSE logement) représente également un avantage significatif, pouvant équivaloir à 400-600 € mensuels selon les zones géographiques. Les gendarmes mobiles bénéficient d’un régime indemnitaire renforcé lié à leurs missions de maintien de l’ordre. Enfin, certaines affectations sensibles ou en outre-mer ouvrent droit à des majorations substantielles.
Réformes récentes, PPCR et revalorisations : quels effets sur la grille indiciaire ?
Le protocole PPCR (Parcours Professionnels, Carrières et Rémunérations), déployé entre 2017 et 2021, a rehaussé plusieurs indices de la grille et accéléré certaines progressions. Pour les sous-officiers de gendarmerie, ces réformes ont particulièrement amélioré les indices de début de carrière et de milieu de grille.
Les revalorisations du point d’indice en juillet 2022 (+3,5 %) et juillet 2023 (+1,5 %) ont augmenté mécaniquement tous les traitements indiciaires. Un gendarme à l’indice 450 a ainsi vu son traitement brut mensuel passer de 2 092 € en juin 2022 à 2 214 € en 2026, soit un gain de 122 € hors inflation. Des mesures catégorielles spécifiques ont également bonifié certaines primes en 2024 et 2025, dans le cadre du plan de revalorisation des forces de sécurité.
Utiliser la grille indiciaire pour préparer son projet professionnel
Au-delà du simple calcul de salaire, la grille indiciaire constitue un outil de projection professionnelle. Elle permet d’éclairer des choix de carrière, de reconversion ou de mobilité en visualisant concrètement les perspectives financières à moyen et long terme.
Comment la grille indiciaire éclaire un projet de reconversion ou de mobilité
Un sous-officier en réflexion sur une reconversion peut comparer son indice actuel avec les grilles de la fonction publique territoriale ou hospitalière pour des postes équivalents. Par exemple, un adjudant-chef à l’indice 650 se situe dans une fourchette comparable à un attaché territorial ou un cadre de santé, facilitant les négociations salariales en cas de détachement ou de démission-réintégration.
La connaissance de sa position indiciaire permet aussi d’évaluer le coût financier d’une mobilité géographique. Certaines zones ouvrent droit à des indemnités compensatoires, tandis que d’autres affectations peuvent réduire certains avantages. Anticiper ces variations aide à prendre des décisions éclairées, notamment pour les gendarmes en fin de carrière qui envisagent une seconde activité professionnelle.
Faut-il viser un concours interne pour améliorer sa rémunération future ?
Les concours internes offrent deux trajectoires d’évolution : la voie des grades supérieurs de sous-officier (adjudant, adjudant-chef, major) ou le passage au corps des officiers. Sur le plan strictement indiciaire, devenir lieutenant après un concours d’officier ouvre l’accès à des indices allant de 568 à 821, puis au-delà pour les grades supérieurs.
Un sous-lieutenant débutant démarre toutefois à un indice proche d’un maréchal des logis confirmé. Le véritable gain indiciaire se mesure sur le long terme : après 15 ans, un officier peut atteindre l’indice 900-1000, tandis qu’un major plafonne à 821. Ce différentiel représente environ 400 à 900 € brut mensuels selon les échelons. Il faut cependant intégrer les contraintes accrues de responsabilité, de mobilité et de formation dans cette équation.
Erreurs fréquentes dans la lecture de la grille indiciaire et comment les éviter
La première erreur consiste à confondre traitement indiciaire et salaire total. De nombreux candidats ou jeunes gendarmes surestiment ou sous-estiment leur rémunération en négligeant les primes ou en oubliant les retenues. Toujours raisonner en distinguant clairement base indiciaire, primes, brut et net.
Deuxième piège : se référer à des grilles obsolètes. Les sites non officiels ou les documents de plusieurs années peuvent contenir des indices périmés. Seules les grilles publiées au Journal Officiel ou diffusées par le ministère de l’Intérieur font foi. Depuis les réformes de 2023, plusieurs échelons ont fusionné et des indices ont été revalorisés.
Enfin, beaucoup oublient que la progression dans la grille dépend à la fois du temps (ancienneté minimale) et du mérite (notation, tableau d’avancement). Un même grade peut donc être atteint à des âges très différents selon les parcours individuels. Comparer son indice avec celui d’un collègue de même ancienneté n’a de sens que si les parcours de carrière sont similaires.
La grille indiciaire des sous-officiers de gendarmerie structure une carrière sur plusieurs décennies, avec des paliers réguliers et des perspectives d’évolution claires. Maîtriser sa lecture permet d’anticiper sa rémunération future, de préparer des choix professionnels stratégiques et de comprendre l’impact des réformes successives. Si le traitement indiciaire constitue la colonne vertébrale du salaire, c’est bien l’ensemble des éléments de rémunération qui dessine la réalité financière du métier de gendarme.







