Faire ses études vétérinaires en Belgique représente une alternative concrète pour de nombreux bacheliers français, mais le parcours est loin d’être simple. Entre le numerus clausus strict pour les non-résidents, le tirage au sort qui peut éliminer même les meilleurs profils, et un coût de vie à anticiper, mieux vaut bien comprendre les règles du jeu avant de s’engager. Ce guide vous présente les étapes réelles, les conditions d’accès, les frais à prévoir et les alternatives si vous n’obtenez pas de place, pour que vous puissiez bâtir un projet d’orientation cohérent et réaliste.
Comprendre le cadre des études vétérinaires en Belgique aujourd’hui
Avant de déposer un dossier, il faut saisir comment fonctionne le système universitaire belge et pourquoi il attire autant d’étudiants français. La Belgique propose un accès direct à l’université sans passer par un concours post-prépa, mais cela ne signifie pas pour autant que les places sont ouvertes à tous. Le cadre légal, les quotas et les spécificités pédagogiques imposent de bien préparer son projet en amont.
Comment sont structurées les études de médecine vétérinaire en Belgique francophone
Le cursus de médecine vétérinaire en Belgique dure six années, réparties en un bachelier de trois ans et un master de trois ans. Les trois premières années sont majoritairement théoriques et couvrent les sciences fondamentales : anatomie, physiologie, biochimie, microbiologie, histologie et pharmacologie. Vous passez beaucoup de temps en amphithéâtre et en travaux pratiques de laboratoire.
À partir du master, la formation devient plus clinique. Vous intégrez progressivement les cliniques universitaires, participez aux consultations, apprenez les gestes techniques et suivez des rotations dans différents services comme la chirurgie, l’imagerie médicale, la reproduction ou les soins intensifs. Le dernier semestre est consacré à des stages intensifs dans des structures externes et à la rédaction d’une thèse de fin d’études.
Le diplôme obtenu est un master en sciences vétérinaires, reconnu dans toute l’Union européenne. Il vous permet d’exercer comme vétérinaire généraliste dès votre sortie, ou de poursuivre vers une spécialisation par résidence ou doctorat.
Différences clés entre études vétérinaires en France et en Belgique
En France, l’accès aux écoles nationales vétérinaires passe par un concours très sélectif après deux ou trois ans de prépa BCPST, ou par des voies parallèles (licence, BUT, DUT). En Belgique, il n’y a pas de concours d’entrée au sens classique : vous vous inscrivez directement en première année de bachelier après le bac, à condition de passer le filtre du quota de non-résidents.
Les études vétérinaires belges se déroulent dans des facultés universitaires, principalement à l’Université de Liège (ULiège) pour la partie francophone. Il n’existe pas d’écoles vétérinaires autonomes comme à Maisons-Alfort ou Lyon. Le rythme de travail et le volume horaire sont comparables aux ENV françaises, mais le fonctionnement pédagogique suit le modèle universitaire belge, avec des examens semestriels et une autonomie attendue dès la première année.
La principale différence réside dans le mode de sélection : le numerus clausus pour non-résidents en Belgique limite drastiquement le nombre de places pour les Français, rendant l’accès aussi difficile que les concours français, mais avec une part de hasard via le tirage au sort.
Conditions d’admission et numerus clausus pour les non-résidents

Accéder aux études vétérinaires en Belgique quand on est français implique de franchir plusieurs barrières administratives et règlementaires. Le système de quotas et de tirage au sort a été mis en place pour limiter l’afflux d’étudiants étrangers dans les filières de santé, dont la médecine vétérinaire. Chaque étape compte, et une erreur de timing ou de dossier peut suffire à vous exclure de la procédure.
Quels prérequis scolaires et linguistiques pour intégrer la médecine vétérinaire
Pour vous inscrire en première année de bachelier en médecine vétérinaire, vous devez détenir un baccalauréat général, idéalement avec des spécialités scientifiques (biologie, mathématiques, physique-chimie). Le bac technologique ou professionnel n’est généralement pas suffisant pour tenir le rythme des cours de première année, très denses en sciences.
Votre diplôme doit être reconnu comme équivalent au CESS (Certificat d’Enseignement Secondaire Supérieur) belge. Cette équivalence est délivrée par le Service des Équivalences de la Fédération Wallonie-Bruxelles, et la demande doit être envoyée avant la mi-juillet pour une rentrée en septembre. Sans ce document, aucune inscription définitive n’est possible.
Sur le plan linguistique, les cours sont dispensés en français. Vous devez donc maîtriser la langue pour suivre les enseignements, lire les supports de cours et réussir les examens écrits et oraux. Aucun test de langue n’est exigé pour les Français, mais le niveau attendu est équivalent à celui d’un locuteur natif.
Numerus clausus, tirage au sort et quota de non-résidents : comment ça fonctionne
La Belgique applique un quota de 30 % de non-résidents dans plusieurs filières de santé, dont la médecine vétérinaire. Concrètement, si l’université reçoit plus de candidatures de non-résidents que de places disponibles dans ce quota, un tirage au sort est organisé parmi les dossiers recevables.
Ce tirage au sort se fait généralement fin août, quelques jours avant la rentrée. Si vous n’êtes pas tiré au sort, vous ne pouvez pas vous inscrire cette année-là, même avec un excellent dossier scolaire. Le processus est totalement aléatoire une fois que votre dossier est complet et dans les délais.
Pour l’année 2025-2026, environ 150 à 200 candidatures de non-résidents ont été enregistrées pour une trentaine de places à l’ULiège, soit un taux de sélection inférieur à 20 %. Ces chiffres varient chaque année, mais la tendance reste à une forte sélectivité par le hasard.
| Étape | Période | Action requise |
|---|---|---|
| Demande d’équivalence du bac | Mars à mi-juillet | Dossier complet au Service des Équivalences |
| Inscription à l’université | Juin à fin août | Dépôt du dossier en ligne + pièces justificatives |
| Tirage au sort (si surnombre) | Fin août | Résultat communiqué par l’université |
| Inscription définitive | Début septembre | Si tiré au sort, finaliser l’inscription administrative |
Procédure d’inscription des étudiants français : étapes, délais et pièges fréquents
La première erreur fréquente est de sous-estimer les délais. La demande d’équivalence doit être envoyée dès mars ou avril pour être traitée avant la rentrée. Le dossier doit comporter votre diplôme du bac, vos relevés de notes, une copie de votre pièce d’identité, et parfois des traductions certifiées. Tout retard ou document manquant peut repousser l’obtention de l’équivalence et vous exclure de fait de la procédure d’inscription.
Ensuite, vous devez vous inscrire directement auprès de l’université (ULiège pour la médecine vétérinaire francophone) via leur plateforme en ligne. L’inscription se fait généralement entre juin et fin août. Vous devez fournir votre équivalence, une attestation de domicile, une photo d’identité, et régler des frais de dossier. Si vous êtes non-résident et que le quota est dépassé, votre dossier est versé dans le pool du tirage au sort.
Un piège classique consiste à confondre « inscription administrative » et « inscription pédagogique ». L’inscription administrative valide votre statut d’étudiant, mais si vous n’êtes pas tiré au sort, elle est annulée. Une fois tiré au sort, vous avez quelques jours seulement pour finaliser votre inscription définitive, payer les droits d’inscription et vous présenter à la rentrée.
Dernier point : ne comptez pas uniquement sur la Belgique. Beaucoup d’étudiants tentent plusieurs voies en parallèle (concours français, études en Roumanie ou Espagne, réorientation en France) pour ne pas perdre une année en cas d’échec au tirage au sort.
Universités, contenu des études et vie étudiante en Belgique

Une fois admis, le quotidien des études vétérinaires en Belgique est exigeant, avec un rythme soutenu et des attendus élevés. Connaître le programme, les infrastructures et le coût réel de la vie étudiante vous permet de mieux préparer votre installation et de tenir sur la durée.
Où étudier la médecine vétérinaire en Belgique et comment choisir sa faculté
En Belgique francophone, la référence pour les études vétérinaires est la Faculté de Médecine Vétérinaire de l’Université de Liège (ULiège), située sur le campus du Sart-Tilman. Elle dispose de cliniques universitaires modernes, d’un hôpital pour animaux de compagnie, d’une clinique équine et d’infrastructures pour les animaux de rente. C’est la seule faculté vétérinaire francophone de Belgique.
Il existe aussi une faculté vétérinaire en Flandre, à l’Université de Gand (UGent), mais les cours y sont dispensés en néerlandais. À moins de maîtriser le flamand, cette option n’est pas accessible pour la plupart des étudiants français.
Choisir l’ULiège implique de s’installer à Liège ou dans les environs. La ville est à taille humaine, bien connectée (à 1h de Bruxelles, 2h de Paris en Thalys), avec un coût de la vie légèrement inférieur à Bruxelles. Les infrastructures de la faculté sont reconnues, et le taux d’encadrement est correct malgré des promotions parfois nombreuses.
Programme des études vétérinaires : sciences fondamentales, pratique clinique et stages
Les trois premières années (bachelier) sont consacrées aux sciences fondamentales. Vous étudiez l’anatomie comparée, la physiologie animale, la biochimie, la génétique, la microbiologie, la parasitologie, l’histologie et l’embryologie. Les travaux pratiques occupent une place importante : dissections, manipulations en laboratoire, observations microscopiques. Le rythme est intense, avec des examens en janvier et en juin.
Le master introduit les matières cliniques : médecine interne, chirurgie, anesthésie, imagerie médicale, obstétrique, pathologie, pharmacologie clinique, médecine préventive. Vous commencez à fréquenter les cliniques universitaires dès la quatrième année, d’abord en observation, puis en participation active. Vous apprenez à réaliser des examens cliniques complets, à interpréter des radiographies ou des échographies, à assister lors de chirurgies.
Le dernier semestre du master est dédié aux stages externes : vous passez plusieurs semaines dans des cliniques privées, des refuges, des fermes ou des centres de recherche. Vous rédigez également un mémoire de fin d’études sur un sujet de votre choix, encadré par un professeur. Ces stages sont déterminants pour votre insertion professionnelle et pour affiner votre projet de carrière.
Coût des études vétérinaires en Belgique, bourses et budget de vie étudiante
Les droits d’inscription universitaires en Belgique sont fixés par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Pour l’année 2025-2026, un étudiant non-boursier paie environ 835 euros par an en tant que non-résident, contre 175 euros pour un résident belge. Ce montant reste nettement inférieur aux frais des écoles privées, mais il s’ajoute au coût de la vie.
Pour le logement, comptez entre 350 et 500 euros par mois pour un studio ou une chambre en résidence universitaire ou en colocation à Liège. L’alimentation, les transports, l’assurance santé (obligatoire en Belgique), le matériel pédagogique et les sorties représentent environ 400 à 600 euros mensuels supplémentaires. Au total, prévoyez un budget annuel de 9 000 à 12 000 euros hors frais d’inscription.
Des bourses existent via la Fédération Wallonie-Bruxelles pour les étudiants dont la famille réside en Belgique, mais les Français n’y sont généralement pas éligibles. Certaines régions françaises proposent des aides à la mobilité internationale, et le CROUS peut maintenir une bourse sur critères sociaux si vous étudiez en Europe. Pensez aussi aux jobs étudiants (maximum 600 heures par an en Belgique sans perdre le statut étudiant) pour compléter vos revenus.
Après le diplôme : reconnaissance, installation et alternatives d’orientation
Obtenir votre diplôme de médecine vétérinaire en Belgique ouvre des portes, mais il faut aussi savoir comment le valoriser et quelles démarches effectuer pour exercer dans le pays de votre choix. Si vous n’obtenez pas de place en Belgique, d’autres voies existent pour continuer dans les métiers animaliers ou de la santé.
Reconnaissance du diplôme vétérinaire belge en France et en Europe
Le diplôme de master en sciences vétérinaires délivré par l’ULiège est reconnu dans toute l’Union européenne grâce à la directive européenne sur la reconnaissance des qualifications professionnelles. Pour exercer en France, vous devez vous inscrire à l’Ordre national des vétérinaires en fournissant votre diplôme, une attestation de conformité et un certificat de bonne conduite.
La procédure administrative prend quelques semaines, mais ne nécessite pas de refaire un examen ou un stage complémentaire. Une fois inscrit à l’Ordre, vous pouvez travailler en clinique privée, ouvrir votre propre cabinet ou postuler à des postes en santé publique, inspection sanitaire ou recherche. Cette reconnaissance constitue un atout majeur pour les diplômés belges qui souhaitent revenir s’installer en France.
Quelles perspectives de carrière pour un vétérinaire formé en Belgique
La majorité des diplômés s’orientent vers la pratique en clinique pour animaux de compagnie : chiens, chats, NAC (nouveaux animaux de compagnie). C’est le secteur qui recrute le plus, avec des opportunités en tant que salarié ou associé dans des structures existantes, ou en créant sa propre clinique.
D’autres choisissent la médecine rurale, avec une activité mixte (animaux de rente et de compagnie), ou se spécialisent dans la médecine équine, un secteur porteur en Belgique et en France. Les débouchés existent aussi dans l’industrie pharmaceutique vétérinaire, les laboratoires d’analyse, les organismes de contrôle sanitaire (AFSCA en Belgique, DDPP en France) ou la recherche académique.
Vous pouvez aussi poursuivre par un résidanat européen pour obtenir un titre de spécialiste reconnu (chirurgie, médecine interne, imagerie, anesthésie, etc.). Ces formations post-universitaires durent trois à quatre ans et débouchent sur des postes à responsabilité en centre de référé ou en clinique universitaire.
Que faire si vous n’obtenez pas de place en études vétérinaires en Belgique
Le tirage au sort peut vous priver d’une place malgré toute votre motivation. Dans ce cas, plusieurs alternatives existent. Vous pouvez retenter l’année suivante en préparant mieux votre dossier et en diversifiant vos candidatures (universités vétérinaires en Roumanie, Espagne ou Portugal, accessibles en français ou en anglais).
En France, vous pouvez tenter le concours d’entrée aux ENV via une prépa BCPST, ou passer par les voies parallèles (licence de biologie, BUT génie biologique, DUT). Si vous ne souhaitez pas faire deux ou trois ans de prépa, d’autres métiers animaliers sont accessibles avec des cursus plus courts : auxiliaire spécialisé vétérinaire, soigneur animalier, technicien en expérimentation animale, ou encore conseiller en nutrition animale.
Certaines formations comme les écoles d’ingénieurs agronomes, les masters en biologie animale ou en écologie peuvent aussi déboucher sur des métiers en lien avec les animaux, la conservation ou la recherche. L’essentiel est de ne pas bloquer sur un seul projet, mais de garder plusieurs portes ouvertes pour rester actif et cohérent dans votre parcours.
Faire vos études vétérinaires en Belgique est une voie exigeante mais réaliste si vous comprenez bien les règles d’accès, anticipez les démarches administratives et vous préparez au tirage au sort. Le cursus de six ans à l’ULiège offre une formation solide, reconnue en Europe, avec des perspectives de carrière variées. Toutefois, le numerus clausus et le hasard du tirage rendent l’admission incertaine : il est donc prudent de prévoir des plans B et de ne pas tout miser sur cette seule option. Avec une bonne organisation, un projet cohérent et une vision claire de vos motivations, vous maximisez vos chances de réussir votre orientation dans les métiers vétérinaires ou animaliers.
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